#Charlie

[ Hong Kong ]

À Central, aux pieds des buildings et des banques, quelques bougies illuminent la place où se déroulait il y a quelques mois la révolution des parapluies. Ce soir le consultat de France organise un rassemblement en hommage aux victimes. Une trentaine de personnes signent le livre de condoléances, allument des bougies. Difficile d’être loin, de participer à distance, mais l’émotion est présente et palpable. Ça parle chinois, anglais et forcément français. Ici pour le commerce, toutes les communautés cohabitent, la mosquée fait face à l’église anglicane, au temple bouddhiste… Il parait que le commerce adoucit les moeurs.

Un petit groupe dans la vingtaine discute autour des bougies. Ils proposent de chanter La Marseillaise et d’en faire une vidéo pour la poster sur Youtube. Un homme s’approche et les reprend, il leur parle de Charlie, de l’histoire du journal, de la connerie de mettre les gens dans des cases. La Marseillaise, non ce n’est vraiment pas leur rendre hommage ! Les jeunes se sentent un peu cons, restent silencieux. Une femme de la mairie les fait déguerpir à vingt heures avec tous les autres. Elle s’occupe de gratter la cire qui a coulé sur le sol. À Hong Kong, pour quelque raison que ce soit, on ne salit pas le matériel public.

Sur les télévisions dans les marchés et les restaurant, les images tournent en boucle. Celles des prises d’otages, puis les images de soutien et les manifs. On nous en parle dès que l’on apprend que nous sommes Français. Charlie a fait le tour du monde, qui aurait pu l’imaginer ? Et puis maintenant il va y avoir l’Après-Charlie. Les récupérations politiques, les amalgames que l’on fait en disant qu’il ne faut pas en faire, les tentations sécuritaires. Difficile après une journée qui a rassemblé autant de personnes dans les rues, de croire en des lendemains qui chantent… autre chose que La Marseillaise.