Hong Kong

Port asiatique, carrefour de la démesure. L’air est humide et les ficus exhibent leurs racines sur le bord du trottoir. Dans le marché de Chungking Mansions qu’il faut traverser pour se rendre à l’auberge au douzième étage, on reconnait cette odeur épicée si particulière sentie en Inde. Ce marché couvert en plein centre-ville est tenu par des pakistanais et des indiens, restes de l’occupation britannique. On y trouve des téléphones portables, des vêtements, des montres tombées du camion et tout ce qui est fabriqué à bas prix en Chine. La frontière n’est qu’à quelques kilomètres.

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Des clochers d’églises dépassent des constructions anarchiques et des façades délabrées. Dans les rues, on propose de te faire un smoking, d’acheter de l’herbe ou des contre-façons. L’attention et la malice des rabatteurs presque tous indiens. D’énormes enseignes en cantonnais illuminent les rues comme en plein jour et les étalages des boutiques sont remplis d’étranges produits séchés : champignons, ailes de raies, huîtres, coquille st-jacques et oreilles de mer. On nous a dit qu’à Hong Kong on peut trouver et manger de tout. Dans une cantine du quartier de Kowloon, ils servent du serpent. Leur épaisse soupe est particulièrement appréciée par les locaux pendant les mois d’hiver pour ses vertus revigorantes. Les reptiles sont conservés dans les grands tiroirs derrière les tables où on avale sa portion, mais la découpe n’est plus faîte à la vue des clients comme c’était le cas il y a plusieurs années.

Hong Kong a les pieds dans l’eau. Ses immenses buildings sont coincés entre les montagnes et la mer de Chine. Une ville et deux fronts de mer, Kowloon et celui de l’île de Hong Kong, reliés par des ferries et une ligne de métro ultra moderne aux sièges chromés. L’important smog de pollution réduit pourtant la visibilité entre les deux rives.

Ville de banques et de commerces, marché à ciel ouvert, Hong Kong sent le cash et coûte cher. Le monde semble quelque part transiter ici. Lieu de passage, on y croise des togolais, des malgaches, des japonais, des indiens, une ville monde cosmopolite policée pour les bienfaits du commerce. Quelques autocollants à moitiés déchirés et un stand où des étudiants vendent des t-shirts ornés d’un parapluie, rappellent qu’il y a quelques mois la jeunesse hongkongaise occupait les rues pour réclamer des élections libérées des décisions de Pékin.

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À la recherche d’un peu de nature, les Hongkongais se mêlent aux touristes sur l’île de Lantau. Accessible en métro, on survole le port, ses porte-conteneurs et les centaines de bateaux en attente de livrer leurs cargaisons. L’entrée pour Disney Land Hong Kong (construit en tenant compte des règles du feng shui) c’est l’avant dernier arrêt de la ligne. Il faut ensuite emprunter un téléférique de six kilomètres qui longe l’aéroport et ses pistes d’atterrissage au bord de l’eau. Sur Lantau, les familles viennent admirer l’immense bouddha d’une dizaine de mètres et faire brûler un peu d’encens au temple d’à côté. Des sentiers de randonnées et des petits villages de pécheurs parsèment l’île étrangement préservée. Mais le voile de pollution de l’agglomération masque ici encore un peu la vue.

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Portail historique entre l’orient et l’occident, Hong Kong est la porte d’entrée pour la Chine. C’est au terminus du métro que se trouve le poste frontière. À Lu Wo, après avoir montré les passports, nous sommes à Shenzhen, 7 millions d’habitants, République Populaire de Chine. 欢迎 !

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