Yoyogi

À Yoyogi, le dimanche tout commence par la cohue à la sortie du métro Harajuku, sacs de marques et valises à la main. Rose aux joues, lentilles de contact colorées et tenues excentriques, jupes courtes et talons compensés se croisent à Harajuku, une rue étroite et commerçante à deux pas d’Omotesando, les « Champs Élysées » de Tokyo. Elle mène au parc Yoyogi. D’un côté le Temple Meiji avec les jardins de l’empereur, de l’autre on joue au frisbee et des chorales étudiantes répètent à coeur joie.

À l’entrée du parc, au milieu des ados qui se filment répétant en silence leurs étranges chorégraphies et leurs défilés de mode, deux groupes de danseurs investissent la place tous les dimanche. On y célèbre la musique et la danse des États-Unis depuis des décennies, beat et rockabilly. Les Strangers et les Early Roller, jeans moulants, vestes en cuir, santiags et gomina, se déhanchent sur du Elvis Presley et du rockabilly japonais. En plein hiver, certains exhibent torses nus, leurs tatouages cachés sous leurs manteaux de cuir ou de fausse fourrure. Leur jeu favori : jeter en l’air une canette pleine et tenter de la rattraper avant qu’elle n’explose au sol. Entre deux danses, ils marquent sur un poteau alentour la taille du plus jeune de la bande, sûrement le fils de l’un d’eux. Fascinant et inattendu.

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De l’autre coté du parc, une autre coutume. Celle du mariage traditionnel en grande pompe dans le temple shinto le plus célèbre de la ville. Après la cérémonie du sansankudo où la descente de trois verres de saké scelle l’union des époux, les mariées défilent sous un parasol rouge tenu par un prêtre. Long cortège silencieux des familles. La photo de mariage est un vrai casse-tête et prendra plus de vingt minutes pour que les plis de la robe de la mariée soient fidèles à la tradition, que le kimono du marié laisse suffisamment voir ses pieds légèrement écartés vers l’extérieur. Le photographe est finalement salué avec respect par toute la famille.

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